I. Avantages de I ’agroforesterie
On définit l’agroforesterie comme étant l’association des cultures agricoles et des produits forestiers sur un même terrain. Cette association peut se faire en même temps et sur une même espace. On parlera alors de cultures associées, de cultures en couloirs etc. Ces cultures d’arbres peuvent également se faire sur les mêmes superficies que les cultures vivrières, mais à des époques différentes par exemple.
De nos jours, l’agroforesterie en tant que système de gestion des sols couvre une vaste gamme de combinaisons entre la culture d’arbres et la culture d’un ou de plusieurs produits agricoles.
Pour DEPOMMIER (1985), l’agroforesterie est un terme générique qui englobe tous les systèmes intégrés d’utilisation des terres dans lesquels:
- des végétaux ligneux pérennes sont délibérément associés sur la même unité d’exploitation, simultanément ou séquentiellement, à des cultures et/ou à des animaux;
- les interactions significatives à la fois écologiques et économiques qui en résultent sont particulièrement valorisées par le rôle productif et protecteur des ligneux;
- s’inscrivent préférentiellement des techniques de gestion compatibles avec les modèles culturaux des populations locales, aujourd’hui la notion d’agroforesterie est plus étendue, partant de la gestion des sols pour l’exploitation des cultures à la mise en valeur des arbres forestiers en vue de l’exploitation de leurs divers produits, sous-produits et services à des fins économiques et environnementales en vue d'un développement durable, dans cette optique que CAGRIFOB ONGD anime des ateliers de formation pour informer et former les communautés .

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Pour faciliter la compréhension, nous avons synthétisés sept (7) avantages que présente l’agroforesterie.
1. Recyclage des éléments nutritifs
Les arbres ont un système racinaire plus profond que celui des cultures vivrières. Les racines des arbres vont donc puiser les éléments nutritifs lessivés dans les profondeurs du sol pour les ramener au niveau des racines des cultures vivrières. Les arbres vont donc puiser les éléments nutritifs lessivés dans les profondeurs du sol pour les ramener au niveau des racines des cultures vivrières. Les arbres assimileront ces éléments nutritifs et, par la chute du feuillage, des petites branches et des fleurs, rendront ces éléments accessibles aux cultures.
2. Fixation de l’azote atmosphérique
Certaines espèces d’arbres (les légumineuses notamment) sont colonisées au niveau de leurs racines par des nodosités ou nodules dans lesquels vivent les bactéries du genre Rhizobium qui fixent l’azote atmosphérique, le rendant ainsi assimilable pour les cultures vivrières.
3. Amélioration de la fertilité et de la structure du sol
Les arbres plantés en association avec les cultures vivrières permettront un recyclage d’éléments nutritifs autrement impossible. De plus, ces arbres enrichiront la couche arable en carbone organique et réduiront les pertes en particules fines, souvent causées par les fortes pluies et vents, augmentant ainsi la fertilité des sols.
4. Réduction des écarts de température
L’ombre des arbres diminuera la température du sol, ainsi la matière organique se décomposera moins rapidement, ce qui en permet un plus grande accumulation.

5. Diminution des mauvaises herbes
La présence des rangées d’arbres réduit la lumière au sol et, de ce fait, la présence des adventices pouvant se développer.
6. Réduction de l’érosion
La présence des rangées d’arbres plantées perpendiculairement à la pente diminue considérablement les pertes de sol causées par la pluie ou par le vent.
7. Avantages économiques
La culture en couloirs réduit le temps consacré au désherbage, minimise les travaux de labour, assure un revenu à la fois de la culture vivrière et de l’exploitation des arbres en diversifiant les récoltes.
II. Désavantages de I ’agroforesterie
1. Temps
Il faut compter de 3 à 5 ans avant que les effets bénéfiques de la présence des arbres se fassent sentir. Cela nécessite que la période de jouissance des droits sur les terres cultivées soit aussi longue. Sa pratique requiert donc une loi agraire assez souple.
2. Concurrence entre arbres et cultures
Les arbres sont en concurrence avec les cultures vivrières tant pour la lumière que pour les éléments nutritifs et l’eau. Même si la production de la biomasse est augmentée, les rendements des cultures vivrières peuvent être diminués.
3. Effets néfastes sur les cultures vivrières
Moins d’air circule dans les plantations vivrières, au risque d’augmenter les attaques des maladies fongiques, notamment.
Par ailleurs, certaines espèces d’arbres diminuent considérablement les rendements des cultures vivrières par l’effet de l’allopathie. Dans des régions très dévastées ou en périphérie des parcs, la faune sauvage attirée par les arbres peut détruire les cultures et impacter négativement le rendement.
4. Absence de références
Les expériences en agroforesterie et particulièrement sur la culture en couloirs sont très peu nombreuses et ses applications extrêmement limitées de sorte que l’on manque souvent de références pour garantir le succès. A ce jour, peu d’essences forestières locales ont été identifiées pour être utilisées dans les techniques agroforestières spécifiques à chaque milieu écologique, Il y a donc un grand besoin de travail de recherche dans ce domaine.
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